David Hugoo

Monsieur le Premier Adjoint, chers collègues,

Eux ont majoritairement des racines idéologiques puisées du Marxisme.

Nous, nous tenons les nôtres du libéralisme politique et de la démocratie.

Eux considèrent la lutte des classes et la répression comme un moyen au service de leurs opinions.

Nous, nous mettons la participation citoyenne, le vote et le débat au centre du gouvernement de nos sociétés.

Eux ont une conception linéaire de l’histoire, dans laquelle l’État, voué à disparaître, doit laisser sa place à une dictature prolétarienne qui brime et réprime toute volonté populaire contraire à la marche naturelle du communisme.

Nous, nous sommes pour un régime démocratique, républicain et représentatif du peuple et pour la préservation d’un État de droit.

Eux, ce sont les syndicats.

La marche de l’histoire et les événements géopolitiques des dernières décennies ont porté à travers le monde la voix de notre camp. Francis FUKUYAMA parlait, après la chute de l’Empire soviétique, du triomphe de la démocratie et de l’État de droit dans lequel le citoyen, par son vote et ses représentants, participe à la vie de la cité.

La cohésion citoyenne a pris la place de leur lutte des classes aveugle.

Notre régime démocratique et républicain nous donne à nous tous, citoyens, des droits et des devoirs.

Abordons dans un premier temps certains de ces droits.

Le droit de grève, la liberté d’expression, de manifestation et la liberté syndicale sont bien évidemment des droits inaliénables, des droits sacrés, des droits – j’ose dire – nécessaires au fonctionnement de notre démocratie.

Combien de Waldeck-Rousseau, de Jean Jaurès, d’Eugène Varlin, Léon Blum ornent nos rues et nos édifices publics ?

C’est dire combien la communauté nationale est reconnaissante pour ces droits sociaux acquis par leurs aînés.

En effet, ces droits ont été acquis par des générations d’hommes et de femmes libres, déterminés à faire entendre leur voix et à ne pas se résigner pour rééquilibrer le dialogue social.

Mais les récentes manifestations en marge de la loi EL KHOMRI sur la réforme du Code du Travail ont montré un piètre visage de ces organisations syndicales, qui dénature ces droits fondamentaux et qui désacralise le dialogue démocratique et républicain.

Elus par qui ? Représentants de quoi ?

Ces organisations ont aujourd’hui des moeurs qui, personnellement, me sont étrangères et je doute que les activités de ces organisations syndicales répondent réellement à – je cite – « un intérêt communal réel », comme vous le mentionnez dans les conventions de partenariat.

En effet, les droits de grève et de manifester ne constituent en rien une autorisation à casser, à dégrader le domaine public, à gripper un pays et son économie, encore moins à s’en prendre à un hôpital pour enfants.

Chacun doit être responsable de ses actes. Tel est le sens du devoir que j’évoquais plus haut.

Au regard de ces éléments, force est de constater que ceux qui ne voulaient pas se résigner hier donnent naissance aujourd’hui à des millions de résignés qui ne peuvent que subir les décisions qu’a prises pour eux une minorité fort peu représentative. Tout cela est regrettable.

Mes chers collègues, à la lecture de cette délibération, il nous est proposé d’attribuer des subventions de fonctionnement aux organisations syndicales hébergées à la Bourse du Travail. Toutes organisations syndicales confondues, vous nous proposez de voter pour la modique somme de 479.093 €.

Avant de passer au vote de cette délibération, permettez-moi ces quelques questions qui, je l’espère, éclaireront l’esprit de chacun.

Si nous finançons les organisations syndicales, financerons-nous aussi les dégâts causés par leurs actions commises dans un excès d’enthousiasme ou de frustration ?

Si nous finançons ces factions violentes que sont devenus les syndicats français, subventionnerons-nous nos forces de l’ordre qui, déjà fort occupées dans un contexte troublé, encadrent ces manifestations parfois au risque de leur vie ?

Et enfin, si nous finançons ces organismes autoproclamés de défense des travailleurs, dédommagerons-nous ces dizaines de milliers de citoyens résignés, ces dizaines de milliers de travailleurs pris en otage par leurs soi-disant défenseurs ?

Les Lillois n’ont pas à payer pour financer des mouvements de colère, légitimes ou non.

Nos contribuables, Mesdames et Messieurs les élus de la Majorité municipale, n’ont pas à payer pour vos alliés objectifs.

La collectivité n’a pas à payer pour financer les exactions de ces mouvements sociaux qui n’ont de mouvant que le nom tant ils s’incarnent et se complaisent dans le conservatisme.

Si la Majorité souhaite entretenir une clientèle électorale, soit, mais qu’elle ne le fasse pas sur le dos des Lillois.

Notre groupe, quant à lui, votera contre ces subventions.

Les droits de grève et de manifester sont certes inscrits dans le préambule de la constitution, mais ces droits sont réglementés par le droit et les lois. Désireux de préserver un État de droit, nous sommes convaincus que des moeurs politiques violentes ne peuvent y exister et nous restons persuadés qu’une telle somme pourrait servir des causes bien plus nobles que les actuelles manières de faire des syndicats.

Je vous remercie.

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