François Kinget

INTERVENTION DE FRANCOIS KINGET

CONSEIL MUNICIPAL DU 31 MARS 2017

Madame le Maire, chers collègues,

Notre groupe d’opposition Un Autre Lille n’imaginait pas, en formant le vœu au Conseil Municipal de juin 2016 pour l’implantation à Lille du futur bassin olympique métropolitain, vœu voté à l’unanimité, que ce dernier fut si rapidement exaucé.

C’était sans compter sur quelques aisances prises au regard de la démocratie participative d’avance que vous agitez en permanence pour faire illusion auprès des Lillois, leur faisant croire que vous les écoutez et les associez aux grands projets de notre ville.

J’avais moi-même participé entre 2008 et 2014, en tant que Conseiller de quartier de Lille-Moulins, aux ébauches de concertation sur le devenir du site de Saint-Sauveur, puisque c’est bien de ce site dont il s’agit aujourd’hui dans cette délibération qui propose la modification de la ZAC afin d’y intégrer le projet de piscine. Lors de cette première étape d’échange de points de vue entre les différents Conseils de quartier de Moulins, de Fives et du Centre, jamais au grand jamais l’installation d’une piscine n’y fut abordée.

En revanche, je me souviens du souhait de certains de préserver le pavillon de l’octroi de la gare de marchandises, de rappeler l’histoire de la maladrerie présente à l’époque sur le site et même d’avancer l’idée d’un téléférique urbain pour relier le quartier de Fives à la gare Saint-Sauveur.

Lors de la deuxième étape, que vous-même qualifiez de – je vous cite – « concertation très large, avec de grandes réunions et la présence de 600 à 700 personnes », mais aussi du travail réalisé par les habitants, jamais ce genre d’équipement structurant n’y a été suggéré.

On découvre d’ailleurs dans la voix de Stanislas DENDIEVEL le concept de concertation continue.

Pour preuve, lors du choix de l’équipe GEHL pour l’aménagement de Saint-Sauveur et de la présentation de leur projet pour ce site, nulle part n’apparaissait une piscine fusse-t-elle olympique. Peut-être ce petit point d’exclamation – comme le suggérait Thierry – représentait un plongeur qui plongeait tête la première dans un futur bassin.

C’est ce prérequis essentiel d’absence de démocratie participative qui, au Conseil Métropolitain du 2 décembre 2016, nous a conduits à nous abstenir, sur la forme et non sur le fond que nous appelions de notre vœu, sur la délibération actant l’implantation de la future piscine olympique métropolitaine sur le secteur du Belvédère du site Saint-Sauveur, découvrant que le choix du site s’était fait en catimini entre vous, Madame le Maire, et le Président CASTELAIN.

Essayant, comme à votre habitude, de nous caricaturer, vous reconnaissiez tout de même cet aveu de faiblesse indiquant : « c’est vrai qu’il n’y a pas eu de grandes concertations sur l’espace de la piscine, il a fallu faire ces études assez rapidement ».

Il n’empêche que, entre le voeu de juin ici même et la délibération de décembre 2016, je continue de penser que, si vous aviez voulu associer pleinement les Lillois, une étape de concertation intermédiaire aurait été largement envisageable.

Dont acte. La précipitation des élus a prévalu à la participation des citoyens.

Aujourd’hui, Madame le Maire, nous voterons cette délibération qui, au plan administratif, permet la modification du dossier de création de la ZAC. Nous la voterons, mais avec toutes les réserves d’usage que nous considérons comme capitales devant un projet d’une telle envergure.

La première d’entre elles considère la mise en place au plus vite d’un atelier urbain de proximité regroupant les habitants des quartiers limitrophes du projet et les membres intéressés des nombreuses instances de la démocratie participative que compte notre ville, ayant une plus-value d’usage à apporter afin de demain s’approprier cet équipement dont le premier plongeon est annoncé par le Président CASTELAIN pour 2020-2021.

Ensuite et comme la notion de signal ou de totem d’entrée dans le quartier et même dans la ville est régulièrement employée, notre Groupe appelle à la plus grande vigilance pour que les lignes architecturales de cette piscine soient à la hauteur de la symbolique qu’on lui prête. Il serait ubuesque d’y retrouver les mêmes contours que d’autres réalisations du genre, comme à Chartres ou à Strasbourg ; ce geste architectural devant être à Lille ce que Confluence est devenu à Lyon.

Le choix du Belvédère comme site d’implantation de la piscine olympique métropolitaine pose aussi le questionnement du devenir du site Marx Dormoy, puisque la première prendra le relais de la seconde ; et je dis bien « prendra », il est inenvisageable que Marx Dormoy soit fermée avant l’ouverture de la piscine olympique du Belvédère.

Cela soulève de la part de notre Groupe deux précautions primordiales.

La première concerne l’aide à la relocalisation des associations sportives hébergées dans les entrailles de Marx Dormoy, l’une centenaire avec l’aviron Union nautique de Lille et l’autre représentée par le Canoë club lillois, toutes deux présentes depuis 1982 sur ce site et cumulant à elles deux près de 400 licenciés, sans compter la fréquentation du lieu lors des compétitions organisées sur la Deûle. Il s’agit en effet d’anticiper la réinstallation de leur accueil administratif, mais aussi et surtout de préserver sur ce site historique de Marx Dormoy les mêmes conditions d’équipement, comme le tank à ramer qui permet de s’entraîner le soir enpériode hivernale ou le vaste local de stockage de leurs embarcations.

La seconde précaution porte sur la requalification et l’aménagement de ce foncier demain disponible et idéalement situé sur l’île des Bois-Blancs. Quand on connaît bien la quiétude du lieu et son accessibilité, il serait illusoire d’y voir fleurir une banale opération de promotion immobilière. Notre collègue lambersartois parlait même de site stratégique en Conseil Métropolitain.

Une nouvelle fois, il est inconcevable que les riverains, les habitants des Bois-Blancs et les usagers tant des clubs nautiques que du Grand Bleu ou du Colisée de Lambersart ne soient pas associés à cette réflexion. Je ne doute pas qu’Isabelle MAHIEU sera des plus vigilantes à la mise en place de cette concertation.

Enfin, quatrième et dernière réserve, qui dit nouvelle piscine dans ce secteur du centre et de l’est lillois suppose-t-il l’abandon dans votre programme municipal de 2014 de l’implantation d’une piscine sur le site FCB qui avait pour but de soulager celles de Fives et d’Hellemmes ?

Vous l’aurez bien compris, le groupe d’Opposition constructive Un Autre Lille faisait sien le voeu de piscine olympique et ce, dans l’intérêt des Lillois et des métropolitains, mais nous souhaitons que sa réalisation tienne évidemment compte des propositions formulées précédemment.

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