Mme MAHIEU.- Madame le Maire, mes chers collègues,

 

Cent fois sur le métier remet ton ouvrage.

 

Le 14 octobre 2011, notre groupe avait déjà, par l’intermédiaire de Christian DECOCQ, soutenu une motion de soutien au programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), présenté à l’époque par Hugo VANDAMME.

Rappelons que ce programme avait été créé en 1987, sous l’impulsion de Jacques DELORS, alors président de la Commission européenne, et de COLUCHE, permettant de mettre à la disposition des associations les matières premières agricoles issues des stocks d’intervention de la politique agricole commune (PAC).

 

Rappelons aussi que, avec la mise en place du fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), qui a remplacé le PEAD en 2012, l’aide alimentaire sort de la PAC pour intégrer le champ des politiques sociales et que, donc, son champ d’action se voit étendu au financement de biens matériels de base et de mesures d’accompagnement destinées à favoriser la réinsertion sociale. Elle devient ainsi complémentaire du fonds social européen (FSE).

 

Aujourd’hui, dans le cadre des discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027, la Commission propose de fusionner en un seul programme nommé « FSE+ » le FSE, l’IEJ (Initiative pour l’emploi des jeunes), le FEAD, le EaSI (programme pour l’emploi et l’innovation sociale), et le programme santé de l’Union européenne, dont on se rend compte, rien qu’avec cette simple énumération, de la grande complexité.

L’objectif est donc non seulement de simplifier ces règles existantes et de rationaliser, mais surtout d’accroître les synergies entre des programmes aujourd’hui gérés séparément, ce qui empêche toute approche globale de prise en charge depuis l’assistance matérielle jusqu’au retour à l’emploi.

 

Cette nouvelle structure FSE+ présente l’avantage majeur d’introduire le concept du pourcentage minimum, permettant aux États qui le souhaitent d’être plus ambitieux et de consacrer une part plus importante de leur budget FSE+ aux plus démunis.

Parallèlement, il offre une dotation minimum dédiée à l’inclusion sociale, tels que l’accès à l’emploi et la protection sociale.

L’enjeu de cette nouvelle organisation est qu’elle ne doit pas influer défavorablement sur les associations qui s’occupent des populations les plus démunies.

 

On voit pourtant et comme souvent que ce sont les États qui ont un pouvoir majeur puisque ce sont eux qui ont toujours le dernier mot lors de la tenue de leur conseil.

C’est la raison pour laquelle il me semble qu’il faut éviter, dans ce dossier comme dans d’autres, de prendre l’Europe comme bouc émissaire et de faire ainsi le jeu des populistes. Il ne faut pas se tromper de cible, même s’il ne faut pas non plus être trop injuste avec le gouvernement français qui a toujours été pour un budget ambitieux et qui est même prêt à augmenter sa contribution.

 

En tenant compte de la réserve que je viens de faire, le groupe Un Autre Lille votera cette motion, car il souhaite montrer une nouvelle fois son soutien aux associations qui se mobilisent pour l’aide aux plus démunis et, à Lille plus qu’ailleurs, il faut le reconnaître.

Nous souhaitons par la même occasion remercier tous les bénévoles, qu’ils soient anonymes ou qu’ils aient des visages connus comme ceux de Jean-Louis CALLENS, président du Secours populaire, ou de Jean-Yves VASSEUR pour les Restos du cœur, engagés de longue date dans ce travail indispensable auprès des populations les plus fragiles. Sans eux, rien en ce domaine ne pourrait se faire.

 

Mes chers collègues, oui, nous voterons cette motion pour montrer l’importance que nous attachons à ces programmes d’aide ; mais, en parallèle, nous nous mobilisons aussi pour ces élections européennes qui, on le voit, ont une influence réelle sur notre vie quotidienne. Nous vous engageons tous ici à faire de même pour défendre l’Europe que nous aimons, une Europe efficace économiquement, mais qui n’empêche pas une Europe de la solidarité.

Je vous remercie.

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