INTERVENTION D’ISABELLE MAHIEU

CONSEIL MUNICIPAL DU 27 JUIN 2014

Madame le Maire, mes chers collègues,

Ce soir, nous enregistrons plusieurs avancées sur la démocratie participative à Lille.

Lors des nominations du précédent Conseil Municipal, nous avions déjà pris acte avec satisfaction du fait que l’adjoint à la démocratie participative n’était plus adjoint à la communication, ce que nous réclamions depuis fort longtemps.

Dans le règlement intérieur de ce soir, il n’est plus fait référence ni aux missions de décentralisation de l’action municipale, ni aux missions d’animation des Conseils de quartier qui créaient un lien de dépendance avec les élus de la Majorité.

Pour nous qui demandions ces modifications depuis de nombreuses années, c’est une reconnaissance de notre travail d’opposition constructive, mené depuis plusieurs années.

Le changement pour le CCC que vous avez annoncé tout à l’heure, même s’il ne va pas aussi loin que nous le souhaitons, le prouve également.

Vous avez mentionné, Madame le Maire, un autre changement : les séances de quartier ne seront pas publiques, sauf exception à titre expérimental. On peut appeler cela un changement mais, là, il est vraiment microscopique. Malheureusement, les modifications s’arrêtent là.

Le mode de calcul pour le collège politique, selon la représentation proportionnelle au plus fort reste par exemple, donne un résultat un peu particulier : 14 représentants pour le Groupe Un Autre Lille qui compte neuf élus, contre 10 Conseillers de quartier pour le Groupe Lille Bleu Marine qui n’a que cinq élus.

Concernant la composition des Conseils de quartier, nous déplorons toujours que ces conseils ne puissent pas être ouverts, plus ouverts, et notamment à tous les habitants, comme le fait Villeneuve d’Ascq par exemple. Aujourd’hui, deux collèges sur les trois existants bloquent la participation des habitants aux conseils de quartier.

Malgré nos demandes, les Conseils de quartier sont aussi, encore et toujours,  présidés – et donc contrôlés – par un élu de la Majorité. Nous sommes toujours persuadés que, si tel n’était pas le cas, certains dossiers difficiles pourraient être enfin abordés sans tabou lors des séances de conseil de quartier, alors qu’ils n’ont jamais pu jusqu’à présent faire l’objet d’un débat. Je pense notamment à la vie nocturne.

Quand des sujets difficiles ne sont ni discutés, ni même abordés, comment s’étonner que nos concitoyens se sentent abandonnés et qu’ils se réfugient alors dans l’abstention ou dans le vote des extrêmes, comme on l’a vu aux dernières élections ?

Pour ces raisons, nous ne voterons pas ce règlement intérieur, car nous souhaitons pour ce nouveau mandat que l’engagement sincère des Conseillers de quartier, que je remercie pour leur prise de responsabilité au service de tous, ne se heurte pas à une pratique dépassée de la démocratie participative verticale, centralisée et encore et toujours politiquement contrôlée.

Je vous remercie.

Isabelle MAHIEU

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