INTERVENTION DE JEAN-RENÉ LECERF

CONSEIL MUNICIPAL DU 22 MAI 2014

Madame le Maire, mes chers collègues,

Cet intéressant exposé de Pierre de SAINTIGNON, à une période où les rumeurs de la campagne électorale passée ne sont pas encore totalement dissipées, me permet une mise au point que je crois utile et tout à fait dépourvue de ressentiment à l’égard de qui que ce soit.

Ma liste n’a jamais, dans la campagne électorale, critiqué Euratechnologies, pas plus qu’elle n’a critiqué Euralille ou pas plus qu’elle n’a critiqué Eurasanté. Elle avait simplement fait l’observation suivante, l’observation d’une sorte d’inadéquation globale sur la ville de Lille entre, d’une part, la demande d’emploi et, d’autre part, l’offre d’emploi.

Je me souviens d’innombrables réunions dans les quartiers – et je pense notamment au quartier de Lille-Sud – où les jeunes à qui je parlais de ces initiatives me disaient tout simplement « ce n’est pas fait pour nous ». C’était le ressenti qui était le leur, ressenti sur lequel nous avons peut-être d’ailleurs un travail collectif à faire pour les en dissuader.

Je reste persuadé que, au niveau de chômage qui est le niveau de Lille aujourd’hui, qui est beaucoup plus proche de 20 % que de 10 %, à côté de ces initiatives haut de gamme dont chacun ne peut que se féliciter, il faudrait qu’il y ait d’autres initiatives qui soient plus porteuses en termes de nombre d’emplois, sur des compétences peut-être moins haut de gamme que les compétences nécessaires sur Euratechnologies.

J’avais pris deux exemples de manière systématique, un exemple qui est déjà un peu ancien, celui de Toyota Valenciennes. Que serait aujourd’hui l’emploi dans le Valenciennois si cette initiative n’avait pas été prise en son temps par Jean-Louis BORLOO ?

Madame le Maire.- Toyota, je peux vous en parler. Je m’en suis occupée pendant deux ans au gouvernement. Jean-Louis BORLOO pourrait aussi vous dire la vérité à ce sujet et ce n’est pas celle que vous venez de dire.

Monsieur LECERF.- Je me souviens d’un grand Président de la Communauté Urbaine qui disait que, lorsqu’un enfant était beau, il ne manquait pas de pères.

Madame le Maire.- Jamais Jean-Louis BORLOO ne se permet de dire cela ; en tout cas, pas devant moi, même si je l’avais toujours évidemment associé au travail que l’on a fait avec sept ministres.

Monsieur LECERF.- Dans ce cas, c’est peut-être un enfant commun.

Madame le Maire.- Je crois qu’il en a déjà beaucoup.

J’accepte que celui-là soit commun, même si je pense que la mère en l’occurrence a fait plus que le père.

(Rires).

Monsieur LECERF.- J’ai un second exemple qui est beaucoup plus contemporain, celui du développement sur la Communauté d’Agglomération du Douaisis de la logistique, avec l’action de mon ami Christian POIRET, qui est le Président de la Communauté d’Agglomération, et avec l’arrivée notamment d’Amazon qui n’est jamais que la figure de proue de l’implantation de la logistique.

Le hasard fait bien les choses. Amazon, en 2015, ce sera 2 500 emplois et ce sont des emplois qui effectivement peuvent être proposés à toute une série de personnes dont le niveau de compétence – et ce n’est pas un reproche, il est lié au niveau de formation, il est aussi lié à la situation qui est la leur – ne leur permettait pas d’aspirer à des emplois plus qualifiés.

Je suis allé visiter, j’ai vu ces personnes qui y travaillent et je peux vous dire que leur vie a changé depuis qu’elles ont trouvé un travail.

Le Président POIRET me disait le nombre important de demandes d’embauche qu’il reçoit de la part de personnes de la communauté urbaine de Lille et notamment de Lillois et, bien sûr, il y a une priorité qui est donnée au territoire.

Je pense donc que ce type de développement est nécessaire en accompagnement, et non pas en substitution, à ce que vous avez développé et à ce que vous avez fort bien fait de développer.

Pour cela, il y a des problèmes de foncier d’entreprise, des problèmes liés au remède qu’il convient de porter à l’engorgement, à la thrombose de la métropole lilloise, avec son cortège de perte de temps, de pollution, de stress et donc de problèmes de santé. Cela me paraît effectivement complémentaire et non pas en opposition avec ce que vous avez réalisé.

Je termine en disant que, sur Euratechnologies plus particulièrement, il me semble qu’il y a encore des petites améliorations qui pourraient être amenées, non pas au niveau des propos que vous avez tenus sur le développement des entreprises à haute valeur ajoutée, mais sur des problèmes plus pratico-pratiques comme le développement de l’accessibilité d’Euratechnologies, comme le développement des services quotidiens à apporter aux personnes qui y travaillent.

 

Merci pour votre attention.

Jean-René LECERF

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