INTERVENTION DE THIERRY PAUCHET

CONSEIL MUNICIPAL DU 20 JANVIER 2017

 

Monsieur le Premier Adjoint, chers collègues,

Je prends la parole ce soir, non pas pour évoquer le contenu de cette délibération 17/95, qui traite de la cession d’un immeuble dans le Vieux-Lille rue Sainte-Catherine, mais pour commenter la mise en vente de l’ancien collège Jean Macé puisqu’aucune délibération ne traite du sujet ce soir.

En effet, avec mes collègues de l’opposition, mais je pense aussi avec d’autres collègues de votre propre majorité, j’ai été surpris et choqué d’apprendre la vente de l’ancien collège Jean Macé par un encart publicitaire de la Ville de Lille dans le supplément « petites annonces » de La Voix du Nord du dimanche 4 décembre 2016.

Ce bâtiment, l’un des joyaux du patrimoine immobilier lillois, a pourtant nourri de nombreux débats au Conseil municipal quant à son devenir depuis qu’il n’est plus consacré à l’enseignement.

À ce titre, dois-je rappeler ce que disait Madame le Maire dans le cadre d’interventions faites sur le sujet ?

D’abord, lors du Conseil municipal du 5 octobre 2009, dont j’ai ici un extrait du procès-verbal que je tiens à votre disposition, alors que je reprenais et développais la proposition du Conseil communal de concertation de créer une extension du musée d’histoire naturelle dans le collège Jean Macé, Madame AUBRY répondait que la Ville travaillait à l’hypothèse d’un transfert complet du musée de son site actuel vers le collège et concluait en disant – je cite – « je vous tiendrai au courant au fur et à mesure, mais nous n’avons pas encore pris de décision, même s’il faut à la fois bouger le musée d’histoire naturelle et utiliser au plus vite Jean Macé que nous venons de récupérer et qui ne devrait pas s’abîmer ».

Je répète : « nous vous tiendrons au courant des évolutions ».

Cinq ans plus tard, lors du Conseil municipal du 22 mai 2014, alors que notre collègue François KINGET réintervenait sur le devenir de ce projet, Madame le Maire répondait – je cite et j’ai également le procès-verbal du Conseil municipal de ce jour – « comme vous, je pense que le musée d’histoire naturelle à des collections extraordinaires, il mériterait d’avoir un lieu beaucoup plus important. Nous gardons le collège Jean Macé pour cela. Il est maintenu en l’état, il ne se détériore pas. Nous allons peaufiner le projet scientifique, mais, dès que les possibilités nous seront données, je crois qu’il faudra effectivement offrir cela à ces magnifiques collections que nous avons aujourd’hui ».

Toutes ces déclarations de Madame AUBRY, pour qu’on apprenne finalement il y a un mois la vente du collège Jean Macé par une petite annonce ! De qui se moque-t-on ?

L’absence totale de communication et d’information à propos de cette vente est condamnée vigoureusement par notre groupe !

En effet, la cession d’un immeuble fait toujours l’objet d’une délibération et d’une discussion au sein de la commission urbanisme de la ville avant que la délibération ne soit présentée en Conseil municipal. Cela a été récemment le cas par exemple pour l’ancienne faculté de pharmacie dont nous avons parlé tout à l’heure ou pour l’hôtel d’Avelin.

 

En outre, le conseil de quartier de Lille-Centre n’a pas été interrogé, ni informé sur ce sujet.

 

Lors de la dernière commission urbanisme, alors que nous soulevions le problème, il nous a été répondu qu’il n’existait aucune obligation de délibérer sur la mise en vente d’un bien immobilier appartenant à la Ville.

Cette réponse veut-elle dire que la parole du Maire n’a plus de valeur, qu’un nouveau processus de décisions est mis en place ?

Faut-il rappeler que, début décembre, notre groupe, par la voix de François KINGET, exprimait sa réprobation au conseil de la MEL quant au processus de décision du choix de la localisation de la future piscine olympique, choix n’ayant fait l’objet d’aucune concertation avec les conseils de quartier et les associations concernées, selon l’aveu même de Madame AUBRY !

Faut-il rappeler que, en juin dernier, les habitants de Vauban-Esquermes apprenaient par la presse le projet de construction d’une tour alors que le conseil de quartier n’en avait pas été informé, ni consulté !

Pierre de SAINTIGNON.- Restez sur la délibération 95.

Thierry PAUCHET.- Les exemples se multiplient !

Pierre de SAINTIGNON.- Là, vous êtes déraisonnable.

Thierry PAUCHET.- Qu’en est-il, Monsieur le Premier adjoint, du modèle de démocratie participative que serait Lille ?

Au même titre que beaucoup de Lillois, le groupe Un Autre Lille s’interroge avec inquiétude sur la nouvelle façon dont la Ville de Lille concerte, décide et informe.

Je vous remercie.

Thierry Pauchet

 

 

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