Merci, Monsieur le Premier Adjoint, chers collègues.

Après la présentation détaillée que nous a faite Dominique PICAULT de ce compte administratif 2015 et le concert de louanges que vient de dresser notre collègue Martin DAVID-BROCHEN sur la qualité de la gestion de votre Majorité, que dire ?

Eh bien que, comme vous – une fois n’est pas coutume –, nous constatons l’amélioration de certains indicateurs et ratios, mais que, malheureusement, d’autres ne vont pas dans ce sens et, au contraire, suivent une courbe dangereuse et que, enfin, nous divergeons bien entendu sur les décisions qui ont amené à l’évolution de ces indicateurs.

Au titre des éléments positifs, Dominique PICAULT l’a bien dit, on observe une augmentation sensible de l’épargne brute et de l’épargne nette, près de 12 M€ dans les deux cas. Ce résultat est principalement la conséquence de la hausse des recettes de fonctionnement de plus de 22 M€, dont 20 M€ sont issus de la fiscalité directe. Ce résultat n’est évidemment pas une surprise après la hausse vertigineuse de 23 % du taux de la taxe foncière.

Merci donc aux contribuables lillois de participer au redressement des comptes de la Ville.

Je sais, vous nous avez dit, chère Dominique PICAULT, que la contribution fiscale moyenne à Lille permettait aux habitants de notre ville de se situer dans la partie basse des villes comparables. Vous savez pertinemment que cet indicateur n’a aucune signification dans notre ville, tant la disparité des situations entre les habitants est grande.

Par exemple, pour la taxe d’habitation – dont le taux est l’un des plus importants de France, je le rappelle –, la différence des bases liées notamment au secteur ou à la qualité d’un logement fait que certains paieront des taxes faibles – ce qui est parfaitement normal – et d’autres paieront des taxes très importantes. Or, dans notre ville, une majorité des Lillois sont soumis à une fiscalité faible, voire nulle, et une minorité à une fiscalité très forte, d’où une fiscalité moyenne relativement basse.

Chère Dominique PICAULT, à titre de comparaison, je ne résiste pas au plaisir de rappeler l’anecdote de Christian DECOCQ, que certains connaissent ici, lors des mandats précédents : « si vous mettez la tête dans un four et les pieds dans un congélateur, cela fait une moyenne de température relevée qui ne sera pas vraiment significative ». Eh bien, là, c’est pareil, exactement pareil.

Ce que je peux vous dire, c’est que les contribuables qui se situent dans la mauvaise catégorie ont l’impression justifiée d’être lourdement taxés et je pense qu’ils se reconnaîtront.

Pour revenir aux recettes de fonctionnement, merci aussi aux automobilistes, puisque les droits de stationnement augmentent de 20 % ; merci encore aux restaurateurs qui, grâce à l’augmentation en 2015 des tarifs d’occupation du domaine public par l’intermédiaire des terrasses, participent aussi à la hausse des recettes.

À propos des dotations versées par l’État, si la dotation forfaitaire a diminué « comme prévu » de 6,3 M€, il faut noter que cette baisse a été compensée par le versement d’autres dotations, comme la dotation de solidarité urbaine ou la dotation politique de la ville. Au total, les dotations d’État restent stables en 2015 par rapport à l’année précédente et, quand on se souvient de la façon dont vous avez critiqué l’État, c’est finalement assez étonnant.

À propos des dépenses de fonctionnement, si les charges financières sont en recul – et c’est bien –, on constate une forte hausse des charges à caractère général de près de 4 % et une hausse des charges de personnel de 2 %.

Dans ce domaine, la situation de la Ville se détériore, puisque les charges de personnel représentent 62 % des dépenses totales de fonctionnement, contre 59 % en 2014, soit 10 % de plus que la moyenne des villes de notre strate. Cela représente quand même 800 € par habitant, contre 700 € pour la moyenne des villes de notre taille, comme je le disais à l’instant.

Dans la section d’investissement, si les investissements demeurent à un niveau soutenu de 83 M€, nous déplorons que la dette s’élève à un encours inégalé jusqu’à présent de 423 M€ revolving inclus, soit + 3,5 % par rapport à 2014. L’encours de la dette par habitant à Lille est de 1.900 € contre 1.200 € par habitant pour la moyenne des villes de notre strate. Cela doit tous nous interroger.

Certes, la capacité d’endettement s’améliore en 2015 grâce à un niveau d’épargne en augmentation. Qu’en sera-t-il en 2016 ?

En conclusion, le sentiment que donne ce compte administratif 2015 est celui d’un rendez-vous manqué. Car, lorsque l’on constate finalement que, globalement, les dotations de l’État sont stables par rapport à l’année précédente, il aurait suffi que votre Majorité engage une politique ambitieuse de diminution, voire de stabilité des dépenses de fonctionnement de la Ville pour que vous ne soyez pas obligés de faire appel aux contribuables lillois en faisant exploser la taxe foncière de 23 %.

Nous espérons donc que vous serez plus innovants dans la construction du prochain budget.

En début de conseil, vous parliez de renforcement, de mutualisation pour les trois communes de Lille, Lomme, Hellemmes. C’est bien, mais peut mieux faire.

D’autres villes, comme Tourcoing par exemple, parviennent à diminuer les impôts et les dépenses de fonctionnement tout en maîtrisant leur dette et en maintenant un service public de qualité. Il n’est donc pas interdit de rêver, Dominique PICAULT.

Nous nous abstiendrons donc sur le compte administratif 2015.

À propos du budget supplémentaire 2016, pas de remarques particulières.

En cohérence avec notre position lors du budget primitif, nous voterons contre ce budget supplémentaire.

Je vous remercie.

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